Gestionnaire de fortune collective : autorisation (art. 24 LEFin)

Publié: 5 novembre 2026 Temps de lecture: 5 min

Quiconque administre à titre professionnel des valeurs patrimoniales de placements collectifs ou d'institutions de prévoyance a besoin d'une autorisation de gestionnaire de fortune collective selon l'art. 24 LEFin, sauf s'il reste sous les seuils de l'al. 2. La FINMA surveille directement ces établissements ; l'organisation exige notamment un capital minimal de CHF 200'000 et une séparation de la gestion des risques et de la compliance d'avec la gestion de portefeuille.

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Reto Picenoni, Membre du conseil d'administration, cofondateur chez Peak Compliance
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De quoi s'agit-il ?

La LEFin distingue deux autorisations pour la gestion de fortune pour des tiers : celle de gestionnaire de fortune (art. 17) pour les portefeuilles individuels, et celle de gestionnaire de fortune collective (art. 24 LEFin) pour l'administration de placements collectifs de capitaux ou d'avoirs d'institutions de prévoyance. La seconde implique une surveillance directe par la FINMA et des exigences d'organisation plus étendues.

Cet article explique où passe la limite, ce que la loi exige et comment se prépare la demande. Le cadre général figure dans le dossier LEFin et surveillance.

Ce qui s'applique

Où passe la limite entre les deux autorisations ?

Restent gestionnaires de fortune au sens de l'art. 17 LEFin ceux qui administrent des placements collectifs dont les investisseurs sont qualifiés, pour autant que les valeurs gérées n'excèdent pas CHF 100 millions (effet de levier compris), ou CHF 500 millions sans effet de levier et sans droit au remboursement pendant cinq ans. Pour les institutions de prévoyance, la limite est de CHF 100 millions au total et, dans le domaine obligatoire, de 20 % des valeurs d'une même institution (art. 24, al. 2, LEFin).

Le calcul tient compte de l'ensemble des placements collectifs gérés, y compris par délégation ou via des sociétés liées, au moins sur une base trimestrielle (art. 34 OEFin). En cas de dépassement, le gestionnaire l'annonce à la FINMA dans les 10 jours et dépose une demande dans les 90 jours (art. 35 OEFin).

Quelles exigences s'appliquent ?

ThèmeExigenceBase
Forme juridiquesociété commerciale ayant son siège en Suisseart. 25 LEFin
Tâchesgestion de portefeuille et gestion des risques des valeurs confiéesart. 26 LEFin
Directionau moins deux personnes ; représentation par une personne domiciliée en Suisse ; signature à deuxart. 37 OEFin
Haute directionorgane de haute direction, de surveillance et de contrôle, majoritairement distinct de la direction ; dérogations possibles, notamment jusqu'à dix postes à plein temps ou avec un produit brut annuel inférieur à CHF 5 millionsart. 37 et 38 OEFin
Gestion des risques et complianceséparation fonctionnelle et hiérarchique d'avec les activités opérationnelles, en particulier la gestion de portefeuille ; SCI défini par l'organe de haute directionart. 41 OEFin
Capital minimalCHF 200'000 au moins, entièrement libéré et maintenu en permanenceart. 28 LEFin, art. 42 OEFin
Fonds propresfonds propres appropriés selon l'activité et les risquesart. 29 LEFin
Surveillance et auditsurveillance directe par la FINMA ; audit prudentiel par une société d'audit et révision des comptes annuelsart. 61, al. 3, et 63 LEFin

La délégation de tâches est possible si elle sert une gestion appropriée (art. 27 LEFin). Pour la gestion des risques et la compliance, la séparation exigée par l'art. 41 OEFin se réalise souvent plus simplement avec un prestataire externe ; notre article sur l'externalisation de la fonction compliance détaille le fonctionnement.

Qu'est-ce qui change par rapport au gestionnaire de fortune ?

  • Surveillance directe par la FINMA : la demande est déposée directement auprès de la FINMA, qui exerce aussi la surveillance courante ; aucun organisme de surveillance n'intervient.
  • Gouvernance renforcée : organe de haute direction distinct et séparation stricte des fonctions de contrôle.
  • Capital plus élevé : CHF 200'000 au lieu de CHF 100'000.
  • Autorisation en cascade : l'autorisation de gestionnaire de fortune collective couvre aussi la gestion de fortune individuelle (art. 6, al. 4, LEFin).

Pour comparer avec la voie de l'art. 17, voir notre article devenir gestionnaire de fortune.

Étape par étape

  1. 1
    Délimitation
    calcul des valeurs gérées selon l'art. 34 OEFin, cercle d'investisseurs, projets de fonds et de mandats de prévoyance.
  2. 2
    Organisation
    direction, organe de haute direction, gestion de portefeuille, gestion des risques, compliance et SCI, délégations éventuelles.
  3. 3
    Capital et fonds propres
    libération du capital minimal et planification des fonds propres.
  4. 4
    Documents
    statuts ou règlement d'organisation avec champ d'activité précis, directives, organigramme, business plan, contrats de délégation, documents sur la garantie des personnes clés.
  5. 5
    Demande
    saisie dans la plate-forme EHP et dépôt directement auprès de la FINMA, puis réponses aux questions jusqu'à la décision.
  6. ✓
    Exploitation
    surveillance directe par la FINMA, audit prudentiel et reporting à l'organe de haute direction.

Liste de contrôle

  • Valeurs gérées calculées trimestriellement et seuils suivis
  • Forme de société commerciale et champ d'activité décrit avec précision
  • Direction de deux personnes et organe de haute direction composé
  • Gestion des risques et compliance séparées de la gestion de portefeuille
  • SCI défini, tolérance au risque fixée par l'organe de haute direction
  • Capital de CHF 200'000 libéré
  • Contrats de délégation écrits, avec droits de contrôle
  • Société d'audit et organe de révision désignés

Comment Peak Compliance vous accompagne

Peak Compliance clarifie le type d'autorisation, prépare l'organisation et les documents et accompagne la demande jusqu'à la décision : voir autorisation de gestionnaire de fortune collective. Après l'autorisation, Peak Compliance peut assurer la compliance et l'externalisation de la gestion des risques avec un SCI numérique. Pour un premier échange, rendez-vous sur notre page de contact.

Questions fréquentes

Que se passe-t-il si un gestionnaire de fortune dépasse les seuils de l'art. 24, al. 2, LEFin ?

Il l'annonce à la FINMA dans les 10 jours et dépose une demande d'autorisation de gestionnaire de fortune collective dans les 90 jours, sauf s'il adapte dans ce délai son modèle d'affaires de sorte qu'un nouveau dépassement est improbable (art. 35 OEFin). Un suivi trimestriel des valeurs gérées permet d'anticiper cette étape.

L'autorisation de gestionnaire de fortune collective couvre-t-elle la gestion individuelle ?

Oui. L'autorisation d'opérer en tant que gestionnaire de fortune collective vaut autorisation d'opérer en tant que gestionnaire de fortune (art. 6, al. 4, LEFin). Pour investir la fortune d'un client individuel dans des placements collectifs qu'il gère lui-même, le gestionnaire a besoin du consentement général préalable du client (art. 39, al. 2, OEFin).

Un gestionnaire sous les seuils peut-il demander l'autorisation volontairement ?

Oui, lorsque l'État dans lequel le placement collectif est constitué ou proposé, ou dans lequel l'institution de prévoyance est gérée, exige une telle autorisation (art. 24, al. 3, LEFin). L'art. 36 OEFin précise les conditions, notamment le siège en Suisse.

Sources

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